Trajectoire maîtrisée pour un retour à la croissance

Pour les trois prochains exercices, le gouvernement table sur une croissance projetée à 3% en moyenne en vue de retrouver l’équilibre des finances publiques et de réduire son déficit budgétaire. 

Pour la première fois depuis 30 ans, l’économie camerounaise connaît un repli de sa croissance. De 3,7 en 2019, celle-ci plongera au terme de l’exercice en cours à 1,1%. Les effets de cette baisse sont liés à l’impact de la pandémie du Covid-19 notamment la régression de la demande des partenaires commerciaux du Cameroun, couplée à une diminution sensible des cours de matières premières. Sur le plan interne, la baisse de la demande et de l’offre intérieures induite par l’adoption des mesures restrictives de lutte contre le Covid-19.

Toutefois, après la contraction observée tout au long de l’exercice 2020, l’économie devrait amorcer une reprise progressive à partir de 2021. La croissance de l’activité économique devrait ainsi s’établir en moyenne, sur la période 2021-2023, à 3,8%  dont 3,2% en 2021. Ce retour à l’embellie est adossé à une collecte plus rationnelle et maîtrisée des recettes fiscales non pétrolières qui, selon le document de cadrage budgétaire et économique du triennat 2021-2023, après un repli de 378,2 milliards de Fcfa à 2374 milliards de Fcfa dont 1724,8 milliards de Fcfa pour les impôts et taxes et 650 milliards de Fcfa pour la douane en 2020. La cadence de collecte entre 2021 et 2023 sera maintenue dans l’ensemble. Dans le détail, elles s’établiront à 1 955,7 milliards de Fcfa en 2021 ; 2 113,6 milliards de Fcfa en 2022 et 2 339,2 milliards de Fcfa en 2023, soit une augmentation de plus de 10% par rapport à l’exercice 2020. Ce qui, avec la douane permet de tabler sur des recettes fiscales évaluées à 3253 milliards de Fcfa à l’horizon 2023.

Les prévisions de recettes budgétaires sont plafonnées à 5187,7 milliards de Fcfa en 2023. Quant aux recettes pétrolières, elles s’établissent au cours des prochains exercices à 842 milliards de Fcfa. Les recettes non pétrolières sont prévues à 3 572,4 milliards de Fcfa en 2022 contre 3 877,5milliards en 2023 Cette hausse serait le fait essentiellement des recettes fiscales qui devraient s’accroitre de 157 milliards en 2022 et plus de 305 milliards de Fcfa un an plus tard.

L’Etat, assure le document de programmation économique et budgétaire, va donner un coup d’accélérateur à la rationalisation des dépenses fiscales. Car, le maintien à un niveau élevé de la dépense fiscale réduit considérablement la matière imposable. Ainsi, sur le plan douanier, la dépense fiscale globale qui était de 198,6 milliards de Fcfa en 2016, est passée à 183,4 milliards en 2017. Les projections 2020 la situent à 149,5 milliards et la plafonnent à 134,9 milliards en 2022 «si l’Etat n’aménage pas un nouveau régime d’exonérations douanières».

Pour ce qui concerne l’endettement, l’on devrait passer du taux de 38,6% du Pib en 2020 à 45% du PIB en 2023 en vue de coller aux objectifs de développement du pays. Dans ce sillage, la mobilisation des ressources financières par le biais des émissions publiques sera portée à 450 milliards de Fcfa dès 2021.

S’agissant des dépenses, celles-ci sont plafonnées à  4 909,2 milliards en 2021, en hausse de 202,1 milliards. Entre 2022 et 2023, ces dépenses et charges se situeraient à 5 279 milliards, en augmentation de 370 milliards soit 7,5% de plus par rapport à 2021. Malgré leur apparente hausse, la croissance des dépenses non discrétionnaires notamment des dépenses de fonctionnement hors salaires, les  transferts et subventions (hors pensions) ainsi que celles relatives à l’investissement sur ressources internes, a été ralentie.

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