Les 9 et 10 septembre 2026, le Cameroun a présenté à Londres son potentiel économique et ses grands projets à la communauté financière internationale, dans le cadre d’un Market Sounding organisé avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC).

Conduite par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise comptait également Félix Mbayu, ministre délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth, Paul Tasong, ministre délégué chargé de la Planification, ainsi que le Directeur général du FEICOM. Il ne s’agissait pas d’une levée de fonds immédiate, mais de présenter les fondamentaux économiques du Cameroun, ses besoins de financement et son portefeuille de projets, tout en recueillant les attentes des investisseurs : perception des risques, garanties exigées, instruments financiers adaptés et conditions d’engagement des capitaux. L’ambition est claire : passer de la simple promotion du « potentiel Cameroun » à des projets structurés, bancables et attractifs pour les investisseurs.
La SND30 représente une enveloppe d’investissement estimée à environ 134 milliards d’euros, dont près de 45 % devraient provenir des partenaires au développement et des capitaux privés. Les secteurs mis en avant sont notamment l’énergie, l’hydroélectricité, les transports, la logistique, l’agro-industrie, les mines, la transformation locale, le numérique, l’eau et les infrastructures urbaines. Le Cameroun dispose notamment de plus de 12 GW de potentiel hydroélectrique, avec Nachtigal opérationnel et Kikot en développement.

Malgré le recul de l’activité pétrolière en 2025, la croissance s’est maintenue autour de 3,5 % pour la troisième année consécutive. L’économie non pétrolière représente près de 98 % de l’activité et le Cameroun pèse environ 44 % du PIB de la CEMAC. Avec une dette publique située autour de 43 % du PIB, contre un plafond communautaire de 70 %, le pays entend surtout désormais emprunter mieux : à moindre coût, sur des maturités adaptées et pour des projets productifs. Yaoundé explore ainsi les garanties, le partage des risques, les financements mixtes ainsi que les obligations vertes, sociales et durables.

Le message porté à Londres est donc simple : le Cameroun ne recherche pas seulement des capitaux, mais aussi de l’expertise, de la structuration, du partage des risques et des partenaires de long terme. Le véritable enjeu est désormais de transformer l’intérêt des investisseurs en projets, partenariats et financements concrets. Du potentiel à l’investissement, et de l’investissement à la transformation économique.
