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Budget programme : Quel bilan après le premier triennat ?
Au terme de la troisième année de mise en œuvre du budget programme au Cameroun, l’heure est venue de tirer les premières leçons. Le Ministre des Finances Alamine Ousmane Mey s’est livré à  cet exercice. C’était au cours de son allocution  d’ouverture de la 4e session du Comité Interministériel d’Examen des Programmes (CIEP)  le 6 Aout 2015 à Yaoundé.
L’occasion était bien choisie dans la mesure où cette cérémonie s’est tenue en présence des principaux intervenants de l’implémentation et du suivi de la réforme budgétaire au Cameroun. Il s’agit notamment du Ministre de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, du Ministre Délégué à la Présidence chargé des Marchés Publics, des secrétaires généraux de Ministères,  des représentants des institutions de coordination gouvernementale, des parlementaires et des représentants des organisations internationales.
Dans son propos, le Ministre des Finances par ailleurs Président du CIEP, s’est félicité du fait que " les concepts tels que le programme, le responsable de programmes, le PPA et le RAP se soient institutionnalisés dans notre paysage politico – administratif et la culture des indicateurs commence à prendre corps dans les administrations publiques consacrant la gouvernance par les chiffres". Pour Alamine Ousmane Mey, "le cap de la gestion sur les résultats, avec comme instrument de planification le budget programme est solidement fixé".
Tout en se réjouissant des avancées enregistrées, le patron des questions budgétaires invite les principaux acteurs présents à œuvrer pour la consolidation des acquis.     A cet égard, il a proposé des "mesures d’amélioration du dispositif actuel, afin d’assurer une bonne fin à la conduite de la réforme en cours".
Dessinant les contours de l’avenir de ce processus dont la deuxième phase démarre dès janvier 2016, il a indiqué que "les priorités du gouvernement pour ce second triennat porteront sur les grands domaines d’intervention de la réforme". Ces grands domaines d’intervention ont pour noms : la transposition des Directives de la CEMAC ; l’opérationnalisation du Contrôle de Gestion et son implémentation dans les administrations ; l’optimisation des systèmes d’information et la conduite du changement.
Etape décisive du processus de préparation du budget 2016, le Comité Interministériel d’Examen des Programmes s’achève le 21 août 2015. Les travaux seront essentiellement consacrés à l’examen des avant - projets de performance des administrations au titre de l’exercice 2016.  

Pas d’inquiétude pour l’endettement du Cameroun

Arrivée en fin de séjour au Cameroun après trois années de services, la représentante-résidente du Fonds Monétaire International (FMI) au Cameroun, Boriana Yontcheva, a été reçue en audience le 28 juillet 2015 à Yaoundé, par le Ministre des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey.

Au sortir de cet entretien d’adieux au Minfi, Boriana Yontcheva, a tenu à rassurer le pays en indiquant que «le stock de la dette du Cameroun ne préoccupe pas le Fonds Monétaire International (FMI), parce qu’il est encore très faible, à moins de 30% du PIB, étant donné que le Cameroun, comme d’autres pays de la région, a bénéficié de l’Initiative PPTE».

Pendant les échanges avec le Ministre des Finances, la représentante résidente en fin de séjour ont évoqué les perspectives et les défis de l’économie camerounaise. En première ligne, la chute des cours du pétrole à l’international qui impacte fortement les prévisions et les projections de recettes budgétaires du Cameroun, en tant que pays exportateur de pétrole. Les deux personnalités ont également échangé sur les défis sécuritaires qui ont des conséquences sur les dépenses de l’Etat.

Toutefois, pour pallier ce déficit de ressources financières causé par la baisse des cours des matières premières, Mme Boriana Yontcheva rassure le pays sur la qualité de sa signature.  «Le Cameroun, comme d’autre pays, a accès désormais aux marchés financiers. Notre recommandation est qu’il s’endette à bon escient. Je crois que le Cameroun tout comme le FMI ont la même préoccupation, celle d’avoir une dette qui soit soutenable, orientée vers des projets qui sont bénéfiques à la croissance et permettent le remboursement», a conclu Boriana Yontcheva.

 Un coup de pouce étatique à la bourse des valeurs mobilières

Le Ministère des Finances organise sur l’étendue du territoire national du 27 juillet au 25 août 2015, « la caravane culturelle de la bourse », à l’intention des entreprises et des investisseurs locaux. La campagne vise à encourager les investisseurs et les entreprises à effectuer des opérations sur la Douala Stock Exchange (Dsx), la bourse des valeurs mobilières du Cameroun.

Ainsi, pendant un mois, les responsables et les agents de la Direction Générale du Trésor sillonneront le pays afin de donner aux opérateurs économiques les clés de l’accès au matché financier local, dont les taux sont attractifs, et les avantages et les opportunités en matière de notation et de mobilisation des ressources compétitifs. Pendant un mois, ce moyen de financement alternatif de l’économie et des entreprises sera présenté ainsi que les mesures d’accompagnement mises en place par l’Etat, afin d’encourager les investisseurs qui accepteront de s’y engager.

Depuis le mois de mars 2015, plus précisément lors de la tenue de l’édition 2015 du Cameroon Business Forum (CBF), le Ministre des Finances Alamine Ousmane Mey, a promis de redynamiser le marché boursier national question de permettre aux Pme de disposer de moyens de financements alternatifs et de diversifier les sources de mobilisation des fonds. Et d’autre part pour la bourse de Douala, il s’agit de la faire connaître davantage et d’y emmener le plus grand nombre d’entreprises.

Car, jusqu’ici, les introductions boursières organisées jusqu’à présent sont le fait de l’Etat. Une démarche souvent décriée par le régulateur, la Commission des marchés financiers du Cameroun (Cmf). Les entreprises publiques ou privées, rechignent encore à postuler sur le marché financier.

Pourtant, les entreprises aussi bien du secteur public que du privé n’ont de cesse de se plaindre des difficultés d’accès aux financements dans les banques classiques. La Douala Stock Exchange n’enregistre que trois entreprises cotées depuis 2006, pour une capitalisation boursière d’un peu plus de 500 milliards de Fcfa.

 

Vers une reforme de la surveillance multilatérale en zone CEMAC

Le Ministre des Finances a présidé le 21 juillet 2015 un séminaire dont le thème portait sur la « surveillance multilatérale dans la CEMAC : Expériences et perspectives ». Cette rencontre régionale de haut niveau visait à réformer le dispositif de surveillance multilatérale communautaire à l’effet de donner une nouvelle orientation et un nouveau plafond aux critères de convergence des six Etats membres de la CEMAC.

Pendant trois jours, près de 200 participants venus du Tchad, Cameroun, Gabon, République centrafricaine, Guinée Equatoriale et du Congo, ont évalué la surveillance active de l’environnement économique de la zone CEMAC, et proposé une réforme cohérente et d’application simple aux Etats membres. C’est dans cette optique que la Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International (FERDI), a exposé sur les résultats d’une étude commandée par la Commission.

D’après celle-ci, les critères et les indicateurs actuels de surveillance multilatérale des politiques budgétaires des Etats de la CEMAC (solde budgétaire, endettement, arriérés de paiement, inflation…) adoptés en 2001, ne sont ni « faciles à calculer », ni « non manipulables et rapidement disponibles ». Pis, ils ne sont pas « définis de manière à ce que leur suivi permette d’apprécier la viabilité à long terme des finances publiques et leur impact sur la situation conjoncturelle comme sur le potentiel de croissance et de convergence réelle des économies dans la longue durée ».

Le cabinet FERDI fait remarquer que ces indicateurs « peinent à prendre en compte l’hétérogénéité des pays de la CEMAC ». D’où la nécessité de les réformer. En gros, l’étude de la Fondation FERDI donne à voir les insuffisances du dispositif actuel liées notamment aux aspects organisationnel, institutionnel et intrinsèques aux critères de convergence. En effet, malgré les avancées en matière de stabilité macroéconomique, notamment la maîtrise de l’inflation, la reprise de la croissance économique, le dispositif actuel ne permet plus d’assurer de manière pertinente la viabilité des politiques budgétaires.

Jusqu’ici, à indiqué le président de la Commission Pierre Moussa, les Etats de la zone communautaire étaient tenus d’avoir un encours de la dette publique inférieur ou égale à 70% du Produit intérieur brut (PIB) nominal. Mais, si ce critère est si bien respecté aujourd’hui, c’est parce qu’il « n’exerce plus de contrainte après les annulations de dette ». Dès lors, soutient la Fondation FERDI, « il autorise des rythmes de ré-endettement excessif ». Aussi, la Fondation propose, en plus de ramener le plafond du stock de la dette nominale de 70% du PIB à 60%, de combiner le critère de plafond à celui « d’accroissement ».

PCA

Les PME camerounaises ont désormais une banque

C’est le 20 juillet 2015 que la Direction Générale de la Banque Camerounaise des Pme a ouvert ses portes à la communauté des opérateurs économiques. Deux semaines plus tard, le 3 août, l’agence de Douala, dont l’importance de par sa position stratégique n’est plus à démontrer, lançait ses activités. Elle est ainsi entrée dans la phase de commercialisation de ses produits avec l’ouverture de ces guichets qui accueillent le gros des clients.

Le  20 juillet dernier, le lancement des opérations est venu consacrer la volonté des pouvoirs publics de doter le système d’un levier de financement supplémentaire qui viendra en appui aux nombreuses initiatives de mobilisation des fonds engagées par les entreprises camerounaises. 

Annoncée en 2011, la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises a bénéficié de l’assistance technique de la Société Commerciale de Banque (SCB), du groupe marocain Attijariwafa Bank, pour sa mise en place.

Le système d’information a été acquis en décembre dernier et, le même mois, la BCPME a pu obtenir son code banque auprès de la Commission bancaire des Etats de l’Afrique centrale (Cobac). La formation du personnel, «déjà achevée», selon la Directrice Générale, Mme Mandeng, a été menée au mois de juin 2015. «L’effectif est suffisant pour le démarrage. A ce jour, le staff de la BCPME SA est composé d’une soixantaine de cadres et agents, tous Camerounais», explique le Directeur Général.

La Banque Camerounaise des PME est le résultat d’une promesse faite par le Président de la République dans la région du Sud en janvier 2011, lors de la tenue du comice agropastoral d’Ebolowa. Elle a été initiée pour le financement des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat. La BCPME SA peut également fournir des services bancaires, économiques ou financiers pour son compte personnel au Cameroun ou dans d’autres pays.

Mme Mandeng a été nommée à la tête de cette institution bancaire le 06 juin 2014, en même temps que Théodore Nkodo Foumena et Amadou Haman, respectivement Président du Conseil d’Administration et Directeur Général-Adjoint de la Banque. La banque qui a lancé ses activités le 20 décembre 2014 est placée sous la double tutelle des Ministères des Finances et des Pme.

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