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 Un coup de pouce Ă©tatique Ă  la bourse des valeurs mobilières

Le Ministère des Finances organise sur l’étendue du territoire national du 27 juillet au 25 août 2015, « la caravane culturelle de la bourse », à l’intention des entreprises et des investisseurs locaux. La campagne vise à encourager les investisseurs et les entreprises à effectuer des opérations sur la Douala Stock Exchange (Dsx), la bourse des valeurs mobilières du Cameroun.

Ainsi, pendant un mois, les responsables et les agents de la Direction Générale du Trésor sillonneront le pays afin de donner aux opérateurs économiques les clés de l’accès au matché financier local, dont les taux sont attractifs, et les avantages et les opportunités en matière de notation et de mobilisation des ressources compétitifs. Pendant un mois, ce moyen de financement alternatif de l’économie et des entreprises sera présenté ainsi que les mesures d’accompagnement mises en place par l’Etat, afin d’encourager les investisseurs qui accepteront de s’y engager.

Depuis le mois de mars 2015, plus précisément lors de la tenue de l’édition 2015 du Cameroon Business Forum (CBF), le Ministre des Finances Alamine Ousmane Mey, a promis de redynamiser le marché boursier national question de permettre aux Pme de disposer de moyens de financements alternatifs et de diversifier les sources de mobilisation des fonds. Et d’autre part pour la bourse de Douala, il s’agit de la faire connaître davantage et d’y emmener le plus grand nombre d’entreprises.

Car, jusqu’ici, les introductions boursières organisĂ©es jusqu’à prĂ©sent sont le fait de l’Etat. Une dĂ©marche souvent dĂ©criĂ©e par le rĂ©gulateur, la Commission des marchĂ©s financiers du Cameroun (Cmf). Les entreprises publiques ou privĂ©es, rechignent encore Ă  postuler sur le marchĂ© financier.

Pourtant, les entreprises aussi bien du secteur public que du privé n’ont de cesse de se plaindre des difficultés d’accès aux financements dans les banques classiques. La Douala Stock Exchange n’enregistre que trois entreprises cotées depuis 2006, pour une capitalisation boursière d’un peu plus de 500 milliards de Fcfa.

 

Vers une reforme de la surveillance multilatérale en zone CEMAC

Le Ministre des Finances a présidé le 21 juillet 2015 un séminaire dont le thème portait sur la « surveillance multilatérale dans la CEMAC : Expériences et perspectives ». Cette rencontre régionale de haut niveau visait à réformer le dispositif de surveillance multilatérale communautaire à l’effet de donner une nouvelle orientation et un nouveau plafond aux critères de convergence des six Etats membres de la CEMAC.

Pendant trois jours, près de 200 participants venus du Tchad, Cameroun, Gabon, République centrafricaine, Guinée Equatoriale et du Congo, ont évalué la surveillance active de l’environnement économique de la zone CEMAC, et proposé une réforme cohérente et d’application simple aux Etats membres. C’est dans cette optique que la Fondation pour les Etudes et Recherches sur le Développement International (FERDI), a exposé sur les résultats d’une étude commandée par la Commission.

D’après celle-ci, les critères et les indicateurs actuels de surveillance multilatérale des politiques budgétaires des Etats de la CEMAC (solde budgétaire, endettement, arriérés de paiement, inflation…) adoptés en 2001, ne sont ni « faciles à calculer », ni « non manipulables et rapidement disponibles ». Pis, ils ne sont pas « définis de manière à ce que leur suivi permette d’apprécier la viabilité à long terme des finances publiques et leur impact sur la situation conjoncturelle comme sur le potentiel de croissance et de convergence réelle des économies dans la longue durée ».

Le cabinet FERDI fait remarquer que ces indicateurs « peinent à prendre en compte l’hétérogénéité des pays de la CEMAC ». D’où la nécessité de les réformer. En gros, l’étude de la Fondation FERDI donne à voir les insuffisances du dispositif actuel liées notamment aux aspects organisationnel, institutionnel et intrinsèques aux critères de convergence. En effet, malgré les avancées en matière de stabilité macroéconomique, notamment la maîtrise de l’inflation, la reprise de la croissance économique, le dispositif actuel ne permet plus d’assurer de manière pertinente la viabilité des politiques budgétaires.

Jusqu’ici, à indiqué le président de la Commission Pierre Moussa, les Etats de la zone communautaire étaient tenus d’avoir un encours de la dette publique inférieur ou égale à 70% du Produit intérieur brut (PIB) nominal. Mais, si ce critère est si bien respecté aujourd’hui, c’est parce qu’il « n’exerce plus de contrainte après les annulations de dette ». Dès lors, soutient la Fondation FERDI, « il autorise des rythmes de ré-endettement excessif ». Aussi, la Fondation propose, en plus de ramener le plafond du stock de la dette nominale de 70% du PIB à 60%, de combiner le critère de plafond à celui « d’accroissement ».

PCA

Les PME camerounaises ont désormais une banque

C’est le 20 juillet 2015 que la Direction Générale de la Banque Camerounaise des Pme a ouvert ses portes à la communauté des opérateurs économiques. Deux semaines plus tard, le 3 août, l’agence de Douala, dont l’importance de par sa position stratégique n’est plus à démontrer, lançait ses activités. Elle est ainsi entrée dans la phase de commercialisation de ses produits avec l’ouverture de ces guichets qui accueillent le gros des clients.

Le  20 juillet dernier, le lancement des opĂ©rations est venu consacrer la volontĂ© des pouvoirs publics de doter le système d’un levier de financement supplĂ©mentaire qui viendra en appui aux nombreuses initiatives de mobilisation des fonds engagĂ©es par les entreprises camerounaises. 

Annoncée en 2011, la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises a bénéficié de l’assistance technique de la Société Commerciale de Banque (SCB), du groupe marocain Attijariwafa Bank, pour sa mise en place.

Le système d’information a été acquis en décembre dernier et, le même mois, la BCPME a pu obtenir son code banque auprès de la Commission bancaire des Etats de l’Afrique centrale (Cobac). La formation du personnel, «déjà achevée», selon la Directrice Générale, Mme Mandeng, a été menée au mois de juin 2015. «L’effectif est suffisant pour le démarrage. A ce jour, le staff de la BCPME SA est composé d’une soixantaine de cadres et agents, tous Camerounais», explique le Directeur Général.

La Banque Camerounaise des PME est le résultat d’une promesse faite par le Président de la République dans la région du Sud en janvier 2011, lors de la tenue du comice agropastoral d’Ebolowa. Elle a été initiée pour le financement des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat. La BCPME SA peut également fournir des services bancaires, économiques ou financiers pour son compte personnel au Cameroun ou dans d’autres pays.

Mme Mandeng a été nommée à la tête de cette institution bancaire le 06 juin 2014, en même temps que Théodore Nkodo Foumena et Amadou Haman, respectivement Président du Conseil d’Administration et Directeur Général-Adjoint de la Banque. La banque qui a lancé ses activités le 20 décembre 2014 est placée sous la double tutelle des Ministères des Finances et des Pme.

Industries extractives
829,3 milliards Fcfa de recettes minières en 2013
D’après le deuxième rapport Itie de l’exercice 2013 publié le 17 juin 2015 à Yaoundé, les contributions du secteur extractif dans le budget de l’Etat ont totalisé un montant de 788.3 milliards de Fcfa soit 95% du total des revenus.
A l’analyse du rapport Itie pour l’année fiscale 2013 présenté par le Cabinet Moore Stephens, l’on constate que les revenus issus des industries extractives ont significativement contribué à l’économie nationale.
Les recettes engendrées par les 22 entreprises retenues par le Comité Itie s’élèvent à 829.3 milliards de Fcfa. Une enveloppe de 788.2 milliards a été allouée au budget de l’Etat. Dans cette cagnotte, le secteur des hydrocarbures a versé 769.6 milliards de Fcfa en 2013 soit plus de 29% des revenus du pays. Le transport pétrolier et le secteur minier ont quant à eux contribué à hauteur de 18.7 milliards de Fcfa soit 0.7%. Au total, les revenus du secteur extractif alloués au budget national ont contribué à hauteur de 30% des revenus de l’Etat pour l’année 2013.
Le reste des revenus soit 4.9% issus du secteur extractif a Ă©tĂ© consacrĂ© aux paiements sociaux conformĂ©ment Ă  l’article 89 du code minier qui prĂ©voit une compensation de 10% au bĂ©nĂ©fice des populations riveraines et de 15% Ă  la communautĂ© territorialement compĂ©tente. Les  transferts infranationaux des revenus provenant du secteur des industries extractives en 2013 tels que dĂ©clarĂ©s par la Direction gĂ©nĂ©rale des ImpĂ´ts (DGI), s’élèvent Ă  1 662 millions de FCFA.  Les montants rĂ©trocĂ©dĂ©s au titre des transferts infranationaux en direction des collectivitĂ©s territoriales compĂ©tentes tels que rapportĂ©s par le TrĂ©sor se sont Ă©levĂ©s Ă  64 millions de FCFA. 14 communes au total ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de ces transferts. En somme, les paiements reportĂ©s par les sociĂ©tĂ©s extractives au titre des projets de dĂ©penses sociales oscillent autour de 343.142 millions de FCFA.
Par ailleurs, la part du secteur extractif dans le Produit intérieur brut (Pib) s’élève à 5.4%. Les revenus provenant des exportations en 2013 sont de l’ordre de 1133.6 milliards de FCFA. Cette contribution est en nette régression par rapport à l’année précédente ou l’on a enregistré 40% d’apport aux exportations, 31% aux revenus de l’Etat et 5.8% au Pib. Lesindustries extractives ont employé 2 127 personnes. Parmi elles, 2 008 sont des nationaux. Le secteur pétrolier est le principal employeur avec 1 281 employés nationaux contre 727 pour le secteur minier. Le secteur extractif est donc une niche d’emploi conséquente.
Le Ministre des Finances, PrĂ©sident du ComitĂ© de suivi de l’Itie au Cameroun s’est  rĂ©joui  de constater que les ressources issues du sous-sol camerounais bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  Ă  toutes les couches sociales. "L’objectif de cette conciliation est d’aider le gouvernement du Cameroun et les diffĂ©rentes parties prenantes Ă  dĂ©terminer la contribution du secteur extractif dans l’économie nationale et Ă  amĂ©liorer le niveau des conditions de vie des populations Ă  travers une gestion transparente".
«La publication de ce rapport témoigne, sans nul doute, d’une certaine maîtrise du processus de conciliation », a reconnu le ministre des finances, Alamine Ousmane Mey. Octobre 2016 est la date de la prochaine validation du Cameroun comme «pays conforme » à l’initiative ITIE.

Benjamin Ombé

Financement
30 milliards pour la relance de Camair-co
Cet argent servira notamment à l’acquisition de nouveaux équipements.
L’Etat du Cameroun est résolument décidé d’emprunter le vol de Camair-co pour la destination de l’émergence en 2035. C’est la leçon que l’on peut tirer de la convention de prêt de 25 milliards de FCFA qu'ont signé le 16 juin 2015 le ministre des finances Alamine Ousmane Mey et le directeur général de la compagnie aérienne nationale Camair-co, Nana Sandjon au titre d’emprunteur et comme prêteur les directeurs généraux d’un pool bancaire ( Ecobank Cameroon, CBC, UBC) . Parmi les 25 milliards, 22.5 milliards seront consacrés à l’investissement et 2.5 milliards au fonctionnement. Une enveloppe de 5 milliards est annoncée pour renforcer le fonds de roulement de la compagnie nationale. Au final, le présent prêt est basé sur un montant de 30 milliards.
L’Etat a pris des mesures pour assurer une gestion optimale de ces financements. Après avoir fait un diagnostic sur les besoins de la compagnie, le Dg de Camair-co connaît bien les priorités. "Cet argent nous permettra d’acquérir d’autres appareils pour palier au problème d’annulation en cascade des voyages" a-t-il expliqué.
Le rĂŞve de l’Etat du Cameroun est selon le Ministre des finances de voir "voler plus haut et plus loin la compagnie nationale ". Alamine Ousmane Mey a par consĂ©quent invitĂ© les responsables de Camair-co Ă  doubler d’efforts afin d’atteindre les objectifs visĂ©s Ă  savoir satisfaire les clients et rĂ©sister Ă  la concurrence qui devient accrue dans le secteur. De plus, le Minfi, n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  rappeler au Dg de "respecter ses engagements dans un contexte marquĂ© par la raretĂ© de ressources".  Pour sa part, Nana Sandjon s’est voulu rassurant  sur la bonne gestion des ressources mises Ă  sa disposition.

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