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VERBATIM

Les responsables des principales structures concernées par l’exécution budgétaire s’expriment à l’occasion du lancement du budget 2018.

Sylvester MOH TANGONGHO, Directeur Général du Trésor de la Coopération Financière et Monétaire.

DGT

 

I.Sur l’état de la trésorerie

" La trésorerie est bonne dans la mesure où en fin d’année, précisément le 29 décembre 2017, nous avons reçu des appuis qui étaient attendus dans le cadre du programme économique et financier avec le Fonds Monétaire International (FMI) et les autres bailleurs. Au total, nous avons reçu plus de 260 milliards de ces appuis auxquels il convient d’ajouter les autres recettes effectuées en fin d’année. Ce sont tous ces éléments qui nous permettent d’affirmer que la situation de la trésorerie de l’Etat est maitrisée. "

II.Sur les mécanismes de financement du budget prévus dans la loi de finances.

" La loi de finances 2018 autorise les émissions de titres à hauteur de 260 milliards. Il y a notamment les émissions de titres de long terme ainsi que les bons du trésor. Généralement, les bons de trésor qui sont émis tout au long de l’année s’élèvent à 100 milliards. On peut donc dire que les titres quant à eux tournent autour de 150 et 200 milliards. Sur cet aspect justement, je dois dire que notre expérience des interventions sur le marché depuis 2010 nous a fait comprendre qu’il faille s’y prendre très tôt. Généralement, nous allons sur le marché vers le mois de septembre, octobre, parfois quand les entreprises sont entrain de clôturer l’exercice. L’expérience montre qu’il faut pourtant y aller plus tôt. C’est pourquoi cette année, nous avons l’intention d’aller sur le marché, au plus tard avant le mois de juin pour l’emprunt obligataire. "

    

Cyrill Edou Alo’o, Directeur Général du Budget.

DGB

Sur les raisons de l’augmentation du budget 2018 par rapport à celui de 2017 malgré la conjoncture défavorable.

" Cette augmentation n’est nullement inhérente aux défis à relever. Elle s’est adossée sur des motivations objectives qu’il me plait de partager avec vous.

Déjà, le Cameroun a une grande tradition de recouvrement. Vous êtes sans ignorer que nous recouvrons régulièrement nos recettes à des niveaux assez satisfaisants. Si vous passez en revue le trend des cinq, voire dix dernières années, vous verrez que nous nous situons toujours au – dessus de 95% de taux de recouvrement. Ça signifie mécaniquement que nous n’avons pas de problèmes à ce que tout au moins le budget soit égal à celui de l’année antérieure.

Le second indicateur est l’effet croissance. Nous ne sommes pas en récession. Nous avons un taux de croissance projeté à 4,2% contre 3,7% en 2017. Celle-ci est en augmentation. Les recettes étant majoritairement assises sur l’activité, mécaniquement, l’effet croissance doit jouer et impacter positivement les recettes fiscales qui forcément augmentent par rapport à l’année dernière. "

    

M. FONGOD Edwin NUVAGA, Directeur Général des Douanes

DGDSur les nouvelles mesures douanières contenues dans la loi de finances 2018.

" Dans la loi de finances 2018, l’on retrouve pas mal de mesures douanières. Celles – ci visent à la fois à élargir l’assiette fiscale et à améliorer le climat des affaires au Cameroun.

S’agissant des mesures visant à améliorer le climat des affaires, une emphase a été mise sur les véhicules d’occasion qui comme vous le savez, sont prisés au Cameroun. Nous avons ainsi constaté que la moyenne d’âge des véhicules importés au Cameroun est de 18 ans. En principe un véhicule de cet âge ne devrait plus circuler. Aussi, pour encourager les Camerounais à acheter les véhicules un peu plus jeunes, l’Etat a décidé de donner la possibilité à certains entrepreneurs ou à certaines entreprises d’ouvrir des foires de véhicules dans les agglomérations de leur choix (Yaoundé, Douala, Bafoussam, Limbé, Garoua). Celles – ci seront encadrées par ce qu’on appelle en jargon douanier un entrepôt parce que les marchandises y entrent en exonération temporaire des droits et taxes. Ainsi, toute personne voulant acquérir un véhicule peut s’y rendre, faire son choix, tester, payer les frais avant de se rendre à la douane pour s’acquitter des obligations y relatives. Les étrangers ont également la latitude d’entrer au Cameroun pour acquérir des véhicules et ressortir pour s’acquitter du payement des droits et taxes dans son pays d’origine. Il convient de relever que les véhicules entreposés seront exonérés des droits et taxes. Cela est fait pour accompagner les Camerounais moyens en leur facilitant l’acquisition de véhicules moins âgés pour une meilleure sécurité routière dans notre pays ".

Lancement du budget 2018

L’Etat fixe les priorités

Le 10 janvier 2018, les chargés de mission de la chaîne de dépense se sont mobilisés sur l’ensemble du territoire afin de donner le kick-off de l’exécution budgétaire.

IMG 2601Accroissement des recettes hors pétrole, planification rigoureuse des investissements ou encore lerecours exceptionnel à la procédure dérogatoire, telles sont entre autres, les recommandations faites aux gestionnaires de crédit dans le cadre de l’exécution du budget 2018 arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 4513,5 milliards de FCFA. Selon les responsables déployées sur le terrain par le Ministère des Finances et le Ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, ces mesures sont dictées par un contexte marqué par la chute des recettes d’exportation, le pétrole et le cacao notamment ainsi que la survenance des crises sécuritaires aux frontières et à l’intérieur du pays. Aussi sera-t-il question de privilégier les dépenses utiles susceptibles d’impacter positivement le vécu quotidien des populations.

Le Gouvernement voudrait s’appuyer sur cette vigilance qui permettra de relever le défi de la résorption du déficit budgétaire, critère essentiel de réussite de la facilité élargie de crédit conclue avec le FMI en juin dernier. Le pays entend de ce fait dégager de la ressource qui lui permettra par un effet de ruissellement de relancer la consommation et la croissance à travers le paiement des créances dues aux PME et autres fournisseurs de l’Etat.

D’autres appuis budgétaires apporteront de l’oxygène à la trésorerie de l’Etat. Ils proviennent outre du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l’Union européenne ou encore de l’Agence française de développement pour un montant global de 1300 milliards de FCFA sur trois ans.

Ainsi, parmi les priorités du budget 2018, il y ala poursuite du vaste programme de projets d’infrastructures entrepris ces dernières années afin d’accélérer la croissance économique, la finalisation des chantiers relatifs à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football que le pays abrite en 2019.

Le financement du budget est adossé à l’élargissement de l’assiette fiscale dont la contribution attendue est de 3 175 milliards de FCFA. Des emprunts concessionnels et non concessionnels viennent compléter le portefeuille des contributeurs respectivement de150 milliards de FCFA et 436 milliards de FCFA. Toutes choses qui permettront e porter le taux de croissance à 4,2%.

Pour plus d’efficacité dans l’exécution, les autorités ont fixé quelques échéances. Ainsi, au 30 mars prochain, les gestionnaires de crédits devront arrêter les engagements ; le 15 octobre est date butoir de l’arrêt des visas sur les projets de contrats. Le 30 novembre 2018, arrêt d’engagements et le 31 décembre, clôture des caisses publiques et arrêt des ordonnancements. Le 28 février 2019 a été annoncé comme la fin de la période complémentaire comptable.

L’ambassadeur des états-unis au MINFI

IMG 1863Le Ministre des Finances Alamine Ousmane MEY a reçu en audience le 03 janvier 2018, le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, S.E Henri Barlerin. Au terme de cet entretien, le diplomate américain face à la presse a indiqué que cette visite lui a permis d’échanger avec le Ministre des Finances sur les sujets d’intérêt politique ainsi que sur la coopération économique entre les Etats-Unis et le Cameroun. On retient ainsi que les deux hommes ont évoqué les sujets relatifs entre autres, à la mise en œuvre du Programme économique et financier du Cameroun appuyé par le FMI. Interrogé sur le rôle éventuel de son pays sur le processus électoral du Cameroun, Henri Barlerin a assuré qu’il entend œuvrer avec le gouvernement, le peuple camerounais et les partenaires internationaux pour que les élections de 2018 soient libres, transparentes et crédibles.

Nommé Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun en juillet 2017, S.E. Henri Barlerin a présenté ses lettres de créances au Président de la République S.E. Paul BIYA, le 23 décembre 2017.

Budget 2018

4513 milliards de FCFA pour la poursuite des investissements

Par cette enveloppe budgétaire, le gouvernement veut passer de la période d’austérité et de résilience, au retour de la sérénité dans sa trésorerie.

budget 2018 1Adopté par le Parlement au cours de la session budgétaire qui s’est achevée le 08 Décembre 2017, la loi des Finances 2018 a été promulguée le 20 décembre 2017 par le Président de la République. Le contexte qui marque l’exécution de la loi de Finances 2018, est différent de celui de 2017. Alors que le Cameroun venait d’accueillir une réunion de haut niveau convoquée par le Fonds monétaire international à l’intention des chefs d’Etat des pays de la CEMAC, avec pour objectif d’adresser des réponses efficaces à la crise qui secoue l’espace communautaire, en 2018, le pays vient de signer un accord avec la communauté des bailleurs de fonds dont le FMI, au titre de la facilité élargie de crédit. Cet instrument donne au gouvernement des marges de manœuvre dans la mobilisation des ressources financières, le respect de ses engagements vis-à-vis des fournisseurs et surtout, fluidifie la gestion de la trésorerie.

Pour l’exercice en cours, le budget du Cameroun affiche une hausse de 139,7 milliards de FCFA à 4513,5 milliards de FCFA. Cette enveloppe est adossée à une prévision de croissance de 4,2% ; ce qui traduit la tendance à l’embellie dans la gestion des finances publiques telle que voulue dans la feuille de route tracée avec les bailleurs de fonds, afin de redresser la structure des dépenses de l’Etat, attirer et réaliser davantage de recettes au niveau interne, et appuyer l’investissement à travers le règlement de la dette intérieure, et, par un effet de ruissellement, relancer la consommation.


budget 2018Dans les grandes innovations de ce texte, on note l’élargissement de l’assiette fiscale et douanière. Ainsi, le transport aérien, les jeux de hasard, les produits de grande consommation (jus de fruit, vins et eau minérale), matériels et équipements informatiques, tout y passe. L’élargissement de l’assiette fiscale telle que prônée par les bailleurs de fonds et mise en route par les autorités, est une réalité. C’est la raison pour laquelle l’assiette fiscale 2018 consacre une hausse de 126 milliards de FCFA par rapport à l’exercice 2017. Cette année, de manière spécifique, les impôts doivent contribuer à hauteur de 3 175 milliards de FCFA, dont 2 645 milliards de FCFA de recettes fiscales, 232,5 milliards de FCFA pour l’impôt sur le revenu des personnes physiques, et 360 milliards de FCFA au titre de l’impôt sur les bénéfices des sociétés non pétrolières.


Parce que tout le monde doit apporter sa contribution à la collecte des ressources, l’Etat a étendu le potentiel de contribuables aux personnes morales ou physiques domiciliées hors du Cameroun et qui perçoivent des revenus issus des entreprises ou établissements basés au Cameroun, l’Etat ou les collectivités territoriales décentralisées. Celles-ci s’acquitteront désormais d’une taxe spéciale au taux global de 15%.

S’agissant de l’exécution, du contrôle et du suivi du budget, en 2018, le gouvernement consacre la réduction de son train de vie, accentue la maîtrise de la qualité de la dépense et entend resserrer la régulation. Missions à l’étranger, paiement des bourses et stages, consommations d’eau, d’électricité et de téléphone, subventions des établissements publics administratifs, le contrôle des rappels, le comptage physique des personnels de l’Etat, les frais de mise en bouche, d’entretien d’hôtel particulier, les caisses d’avance etc., connaissent une réduction drastique. Ce train de mesures vise uniquement à créer des niches d’économies qui pourront faire l’objet de reversement dans les administrations concernées sous forme de crédit de biens et services chaque trimestre


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Un diplomate chez le MINFI

IMG 2636Le Ministre des Finances, Alamine Ousmane MEY, a reçu en audience le jeudi 11 janvier 2018, le nouveau Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, S.E. Nathalie O’Neil. Il s’agit d’un rendez-vous consacré principalement à la prise de contact entre le Haut-commissaire et le MINFI. Après 30 minutes d’entretien, elle a révélé à la presse que l’objectif de sa visite était d’avoir un échange général sur l’intérêt commun entre le Canada et le Cameroun qui collaborent depuis plusieurs années. Un accent est mis sur les volets formation, éducation et les technologies de l’information afin d’améliorer les perspectives d’avenir de la coopération entre les deux pays.

Nathalie O’Neil est diplômée en Sciences Politiques, option relations internationales. Avant sa promotion comme chef d'une mission diplomatique, Madame O’Neil a travaillé quelques années au sein d’Organisations non-gouvernementales. Elle a servi son pays tour à tour au Mali en 2013 comme conseillère et Directrice adjointe à l’Ambassade du Canada et au Sénégal depuis 2015 en qualité de Directrice du Programme de Coopération et Chef de l’aide à l’Ambassade.

Arrivée en poste au Cameroun en septembre 2017, la nouvelle Haut-Commissaire du Canada, Son Excellence Madame Nathalie O’Neil a présenté le 26 septembre 2017 ses copies figurées à son Excellence Monsieur Adoum Gargoum, Ministre délégué auprès des Relations extérieures du Cameroun chargé des relations avec le monde islamique, puis ses lettres de créances à S.E. Lejeune MBELLA MBELLA, Ministre des Relations Exterieures.

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