34e CONFERENCE ANNUELLE DU CREDAF

Les administrations fiscales des pays francophones se concertent à Yaoundé

Au nom du Premier ministre chef du gouvernement, Louis Paul MOTAZE, ministre des Finances, a solennellement lancé ce lundi 10 juin 2019, la 34e conférence annuelle du Cercle de réflexion et d’échange des dirigeants des administrations fiscales à l’hôtel Hilton de Yaoundé. «Le numérique au service de l’élargissement fiscal», sert de fil d’Ariane à ces importantes assises qui s’achèvent le 13 juin prochain.

Discours du Ministre Louis Paul Motaze CREDAF 2019

Près d’une centaine de délégués issus de trente délégations se sont donné rendez-vous dès ce lundi 10 juin à Yaoundé pour débattre de la thématique sus évoquée, une thématique qui est non seulement un sujet d’actualité au regard de la révolution digitale en cours dans nos sociétés, mais également un enjeu d’amélioration de la mobilisation des ressources internes des Etats, préoccupation constante de toutes les autorités publiques. Aussi, les travaux de la 34e conférence annuelle du CREDAF serviront-ils à poser les bases des transformations nécessaires des administrations fiscales qui, dans un souci d’efficacité, devront impérativement adapter leurs méthodes de travail et charger nombre de leurs paradigmes.

Cinq prises de parole meublent la cérémonie d’ouverture des travaux ce jour dans une salle noire de monde du Yaoundé Hilton Hôtel, où foisonnent des personnalités de toutes sortes au rang desquelles Mme Minette LIBOM li LIKENG, ministre des Postes et télécommunications et Martin MBARGA NGUELE, délégué général à la Sûreté nationale ; NASERI Paul BEA, gouverneur de la région du Centre ; des membres du corps diplomatique accrédités à Yaoundé dont S.E. Gilles THIBAULT, ambassadeur de France au Cameroun, les membres du Parlement et les directeurs généraux d’entreprises publiques, entre autres.

 

 

 Une association en pleine mutation

Mot de Bienvenue du DGI

Dans son mot de bienvenue, Modeste MOPA remonte le cours de l’histoire de cette association qui regroupe les administrations fiscales de plusieurs pays francophones et dont ses plus belles pages se sont écrites au Cameroun, en commençant par sa naissance, en 1982, pour reconnaître qu’elle est aujourd’hui en pleine mutation. 

Cela a un sens tout particulier notamment dans l’administration fiscale, croit s avoir le DGI pour qui la fiscalité constitue un enjeu de taille pour les Etats, dans la mesure où l’accroissement des recettes dépend du financement des infrastructures publiques et par voie de conséquence, le développement. Les administrations fiscales en tant que pivot de la mobilisation des ressources des Etats, enchaîne le DGI, sont donc tenues, plus que tout autre administration, d’être en avant-garde de la recherche de la modernité, gage d’efficacité.

 

 L’expérience haïtienne

Pour sa part, Miradin MORLAN, le président en exercice de cette association se félicite de la chaleur de l’accueil des autorités camerounaises réservé à l’ensemble des participants. L’événement-phare de l’agenda du CREDAF, la conférence annuelle, s’inscrit dans le cadre des activités du Cercle qui visent l’accompagnement des pays membres des leurs réformes, le renforcement de leurs capacités, l’échange d’expériences et la mutualisation des meilleures pratiques, ainsi que le développement de la coopération régionale et internationale.

Comme pour dire à la suite du patron de l’administration des impôts d’Haïti que la conférence internationale ouverte ce jour à Yaoundé vise à identifier les meilleures pratiques actuelles et les pistes les plus prometteuses pour l’avenir pour développer et promouvoir des solutions numériques à même de contribuer à l’élargissement de l’assiette fiscale.

Précédés d’un séminaire introductif qui s’est tenu à Alger en novembre 2018 et des réflexions menées en sous-groupes à Bruxelles et à Paris en mars 2019, les travaux de Yaoundé, note le président en exercice du CREDAF, s’articuleront autour d’un premier panorama global des enjeux spécifiques du développement des technologies numériques pour le continent africain notamment.

L’administration fiscale haïtienne a pris le train en marche. Elle s’est engagée depuis déjà sept ans dans un vaste programme de réformes et de modernisation. Haïti est d’ailleurs en train d’expérimenter, avec l’appui de l’Union européenne et du Canada, un tout nouveau logiciel qui devrait permettre à ce pays de disposer en temps réel de données fiables et offrir des services en ligne. Un exemple qui pourrait bien faire tâche d’huile au Cameroun, où l’administration fiscale, elle aussi, s’est lancée dans une série de réformes à l’effet de simplifier les procédures.

 

Programme des travaux

Aux yeux de Jean Marc NIEL, le secrétaire général du CREDAF, la conférence ouverte ce jour à l’hôtel Hilton de Yaoundé revêt une importance particulière pour cette association qui a évolué au fil des ans, une association qui a grandi et s’est adaptée aux enjeux auxquels les administrations fiscales des pays membres font face. La conférence annuelle, mentionne-t-il, est le moment de l’année où se retrouvent tous les dirigeants des administrations membres du CREDAF et els représentants de nombreuses organisations internationales, d’universitaires ou d’experts dans le domaine de la fiscalité.

Pendant trois jours, en effet, les participants réfléchissent, échangent et débattent autour du thème retenu, à savoir : «Le numérique au service de l’élargissement de l’assiette fiscale». Une thématique qui fera l’objet de trois ateliers animés par des experts des administrations fiscales des pays membres, lesquels permettront d’approfondir les travaux qui seront suivis de séances plénières de restitution et d’échanges.

 

Le soutien rassuré de la France

Au cours de sa prise de parole, Gilles THIBAULT, a relevé l’importance capitale que revêt la thématique centrale des travaux dans le contexte typiquement camerounais où le numérique a désormais droit de citer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’ambassadeur de France a salué la présence du ministre des Postes et télécoms à l’ouverture des assises. «Le numérique a une place importante dans la société camerounaise. Il faut placer le numérique au centre des préoccupations et au cœur de l’administration fiscale notamment parce que c’est un moyen remarquable de diversifier et d’étendre les recettes fiscales», a indiqué le diplomate français qui a réitéré l’engagement de son pays à accompagner les initiatives comme celles du CREDAF.

Au nom du gouvernement camerounais, Louis Paul MOTAZE a tenu d’embler à souhaiter une cordiale bienvenue en terre camerounaise à l’ensemble de participants. Avant d’exprimer la gratitude du gouvernement à l’endroit du directoire du CREDAF pour le choix porté sur le Cameroun pour abriter la 34e conférence annuelle.

S’il est vrai que l’élargissement de l’assiette est une préoccupation constante de toutes les administrations fiscales qui doivent sans cesse augmenter le niveau de mobilisation des ressources pour contribuer au financement des besoins croissants de leur communauté, le ministre des Finances (MINFI) reconnaît que cette préoccupation est plus forte encore dans les économies des pays en développement.

 

L’administration fiscale en pleine mutation

Evoquant le contexte économique et sécuritaire des plus difficiles que traverse actuellement le Cameroun, Louis Paul MOTAZE égraine pour s’en féliciter, les principales mutations enregistrées au sein de l’administration fiscale visant une mobilisation plus accrue des recettes internes. Ce, dans le cadre du vaste chantier des réformes structurelles des finances publiques engagé au Cameroun, qui balaie largement le champ des recettes fiscales et des droits de porte. Ce chantier passe par la poursuite du processus de simplification et d’automatisation des procédures à travers l’introduction du télé paiement pour les grandes et moyennes entreprises, la télé déclaration, la dématérialisation de l’enregistrement de la commande publique et des actes judiciaires… 

«La tâche est immense. L’enjeu de ce défi est d’augmenter les revenus en améliorant l’environnement fiscal des affaires dans une meilleure gestion du portefeuille du contribuable», croit donc savoir le MINFI qui espère que le Cameroun tirera partie des travaux ouverts ce jour au Yaoundé Hilton Hôtel. 

Photo de famille CREDAF