Accélération de la croissance, financement des PME

Les grandes réflexions d’Alamine Ousmane Mey

A l’ouverture de la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du ministère des Finances, ce 31 janvier 2018 au Palais des Congrès de Yaoundé, le chef du département a livré ses grandes idées en guise de solutions aux problématiques actuelles.


CA clotureCette année encore, l’éloquence du ministre des Finances (MINFI), Alamine Ousmane Mey, a conquis l’auditoire dans des locaux relookés. Car à s’y méprendre, son discours d’ouverture ressemblait à la leçon inaugurale d’une grande rencontre scientifique à portée pratique, du fait de la profondeur des analyses proposées en relation avec les problématiques économiques et financières d’actualité. En effet, en lançant le la, ce 31 janvier 2018 au Palais des Congrès de Yaoundé, les travaux de la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs de son département ministériel, le ministre a déblayé le terrain des échanges, en dévoilant aux participants venus d’horizons divers ses idées sur les questions que soulève le thème des assises, à savoir : « Consolidation budgétaire et financement des PME pour un programme économique et financier réussi ». Un thème choisi à la lumière du message du chef de l’Etat à la Nation le 31 décembre 2017.

Ainsi, pour parvenir à une croissance forte, durable et inclusive, le MINFI évoque l’accroissement des marges de manœuvre budgétaires et extérieures, tout en préservant les dépenses sociales prioritaires. Il est aussi question de soutenir par des réformes profondes la diversification de l’économie avec le secteur privé comme moteur de la croissance, parallèlement à l’accélération de l’intégration sous-régionale.

S’agissant en particulier des finances publiques soumises aux contraintes du double choc économique et sécuritaire depuis 2014, l’objectif de consolidation budgétaire, a déclaré l’orateur, vise à ramener et à maintenir le déficit budgétaire en dessous de 3% du Produit intérieur brut (PIB). Pour y arriver, il propose d’agir en même temps sur deux leviers : les recettes et les dépenses.

Plus de recettes et des dépenses efficaces

Pour ce qui est de la stratégie visant à optimiser la mobilisation des ressources internes en matière fiscale, elle est basée sur trois piliers : l’élargissement de la base fiscale tout en privilégiant les prélèvements à assiette large et à taux modéré ; le renforcement et la modernisation du recouvrement ; l’amélioration de la gouvernance par un pilotage performant et une transparence exemplaire. Fraudes et évasion fiscales devant être combattues en même temps que le climat des affaires est assaini.

Dans le segment de la dépense publique, le maître-mot des engagements pris par le gouvernement dans le cadre du Programme économique et financier triennal en cours, a affirmé Alamine Ouamane Mey, est celui de la  rationalisation. Explication de l’orateur : il s’agit de dépenser mieux, en réalisant des efforts de qualité et d’efficience dans la dépense publique. Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, de veiller dans le cadre de la planification stratégique à établir les priorités nécessaires s’agissant des dépenses en capital financées par des ressources appropriées. L’amélioration de la qualité de la dépense commande, a-t-il ajouté, la poursuite de la réduction du train de vie de l’Etat et la maîtrise des dépenses fiscales en les orientant de manière ciblée vers les activités à fort potentiel de croissance et de développement. A ce stade de son propos, le MINFI s’est félicité du satisfecit exprimé le 20 décembre 2017 par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), qui a jugé concluante la première revue des performances obtenues par le Cameroun au titre de la Facilité élargie de crédit.

Attention soutenue aux PME

Dans la deuxième partie de sa réflexion, le MINFI s’est appesanti sur les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent plus de 90% du tissu économique camerounais. Des unités de production dont les problèmes ont retenu l’attention du président de la République, car elles sont confrontées aux difficultés d’ordre structurel et à celles engendrées par la difficile conjoncture économique actuelle. En fait, deux problèmes concrets sont à résoudre ici : le règlement prioritaire de la dette due aux PME et l’amélioration de leur accès au crédit bancaire.

Sur le premier problème, le patron des finances a déclaré qu’en plus du renforcement des mesures fiscales incitatives pour le financement de la PME, l’Etat veillera à l’apurement rapide et progressif de la dette intérieure. Un audit y relatif est en cours, a-t-il révélé. En outre, le traitement particulier de la situation des crédits de TVA (taxe sur la valeur ajoutée), démarré en 2017 par la création d’un compte-séquestre à la BEAC, va se poursuivre. Sera aussi mise en œuvre, la stratégie nationale de la finance inclusive. Les autres solutions envisagées intègrent l’atténuation du risque sur la PME à travers des services non financiers. Pour son financement, la PME devrait, pense le ministre, disposer par ailleurs d’un large éventail d’instruments de financement à long terme pour couvrir les besoins en investissement. La promotion du capital- investissement et la création d’un compartiment PME à la bourse font partie des solutions à apporter. Toutes choses qui viendraient en soutien aux mécanismes de financement existants. S’agissant des financements alternatifs, la promotion des fonds de garantie, l’utilisation de l’affacturage, le crédit-bail, sont à mettre à profit pour le développement de la PME. Au total, le MINFI pense que mieux financer la PME est un enjeu de compétitivité pour permettre aux PME camerounaises d’innover dans des secteurs comme le numérique, et pouvoir rivaliser avec des concurrents de leur taille dans un monde global de plus en plus compétitif.

Après le discours d’ouverture du ministre en matinée, les travaux se sont poursuivis avec deux tables rondes. Elles ont traité du contenu et de la mise en œuvre du programme économique et financier 2017-2020 pour l’une, et du financement des PME pour l’autre.

Après la pause-déjeuner, les réunions sectorielles vont boucler dans l’après-midi cette première journée de la conférence annuelle.

Le programme prévoit, le jeudi 1er février 2018, en matinée, la restitution des travaux des réunions sectorielles et l’adoption des recommandations. Dans l’après-midi suivra la lecture du rapport général des travaux et le début de lé cérémonie de vœux. Celle-ci sera marquée par la remise des décorations aux personnels méritants, la remise de cadeaux aux personnels en fin de carrière, le message de vœux du secrétaire général du ministère des Finances, le discours de clôture du ministre des Finances et la présentation des vœux au ministre des Finances et au ministre délégué, Elung Paul Che.

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